26.05.2008

À l'encre de Chine

Aujourd'hui, j'ai vu la Chine.

La vraie! Celle à laquelle on pense quand on ferme les yeux. La Chine des montagnes vert sombre, des plantations de thé, des villageois en bicyclette et des rues défoncées. La Chine des temples et des toits recourbés. La Chine, quoi. Pas Beijing.

La Chine a ses bons côtés. Elle est belle et paisible, et le temps semble ne pas la toucher. Elle est superstitieuse et lave son linge dans les cours d'eau. Elle trouve un peu bizarre les longs nez et les yeux bleus. La Chine a une histoire, et s'en émerveille.

La Chine a aussi quelques défauts. Elle hurle dans son téléphone cellulaire. Elle renvoie dans l'air des tonnes de particules polluantes. Elle klaxonne dès six heures du matin.

La Chine, ce n'est pas Beijing : c'est525398105.jpg la Chine!

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Hier, visite de la maison de Tchang Kaï Chek. Je trouvais ce thème un peu subversif, mais apparemment, ça ne dérangeait pas les Chinois. Après tout, Taïwan leur appartient, non?

J'ai vite abandonné la visite devant le nombre impressionnant de personnes qui s'entassaient dans des pièces minuscules (une prochaine fois je vous raconterai le métro de Beijing : franchement, le métro parisien un jour de grève, c'est de la petite bière!). Je me suis donc tranquillement installée contre une rambarde et pris en photo les mariés qui se faisaient prendre en photo (après tout, ils sont là pour ça).

J'avais les yeux dans le vague et l'appareil à l'affût quand une toute jeune fille s'est approchée de moi et m'a demandé timidement : « can I take a picture with you? ». J'ai dit oui (suis pas contrariante). Elle a été suivie par une bonne quinzaine de ses compatriotes, qui ont profité de l'aubaine : se faire prendre en photo avec  moi! Quelle chance!

Quelques minutes plus tard, j'ai remarqué des mannequins, habillés et grimés en Tchang Kaï Chek (dans Tintin et le Lotus Bleu, vous l'apercevrez à plusieurs reprises), qui se faisaient prendre en photo avec les touristes pour 10 yuans.

C'est mon problème : je suis peut-être une attraction touristique reconnue, mais je n'ai vraiment pas le sens des affaires…

22.05.2008

Ningbo en mai

1024759639.jpgNingbo, vous vous en doutez, c'est en Chine. Dans la province du Zhejiang, exactement. C'est le pays des superlatifs : on y trouve les meilleurs fruits de mer, on y admire le plus long pont du monde (qui, si vous le prenez, vous amène à Shanghai), on y produit de l'électricité dans la plus grande usine à charbon de Chine.

Évidemment, je déteste les fruits de mer, je ne prendrai pas le pont, et j'habite dans la centrale.

Mon amoureux, qui est un garçon merveilleux de 27 ans maintenant (il n'y a pas si longtemps c'était un garçon merveilleux… de 26 ans), n'y voit que des points positifs : ce séjour sera bon pour ma ligne (1), me permettra de découvrir une ville où aucun circuit touristique ne m'aurait amenée (2), me laissera du temps le soir pour travailler et ne pas être débordée au retour (3), et me fera trouver que l'air de Montréal est pur et vivifiant (4).

Mon amoureux est merveilleux, mais franchement, Beijing, c'était mieux!

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Puisque Beijing c'était mieux, je devrais vous en parler. Vous dire que la Grande Muraille, c'est beau, mais envahi par les touristes. Que le canard à la pékinoise est un mets de choix, délicat, parfumé… et qui se mange sans baguettes (ouf). Qu'après les vrais hùtong, j'ai visité ceux pour les touristes, et que j'y ai entendu Zebda dans une boutique. Que la ville n'est pas tout à fait prête pour les JO. Que les drapeaux sont en berne.

Mais le plus important, c'est mon immense plaisir quand les gens dont je me suis occupée cet automne m'ont appelée pour me présenter leur ville. Ils m'ont traînée partout, et j'ai passé grâce à eux une journée extraordinaire, tant par ce que j'ai vu que par tout ce qu'ils m'ont transmis. J'étais fière d'être avec eux et touchée qu'ils ne m'aient pas oubliée. J'espère les revoir un jour…

16.05.2008

Les deux visages de Beijing

1563372855.jpgIl est bon d’avoir un blog pour pouvoir y consigner les évènements importants d’une vie. Il faut donc que j’en profite, le moment est historique : je n’ai pas faim.

C’est la première fois en plus de 26 ans que ça m’arrive!

Il paraît que c’est un effet du décalage horaire, qui se manifesterait dès qu’on a plus de trois heures de différence dans le corps. Avec douze heures, je peux espérer que cet état béni subsiste plusieurs jours, et qui sait, peut-être que je perdrai 500 grammes?

Mouais. L’espoir fait vivre...

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Aujourd’hui, j’ai fait ce pour quoi je suis venue… j’avais quasiment oublié. Donc j’ai travaillé (faut bien que je justifie mon salaire de temps en temps!) toute la journée, jusqu’à 18h00. Et là mon patron m’a littéralement mise dehors (il est cool quand il est en mission!).

J’ai choisi une station de métro au hasard, et roulez jeunesse, j’y suis allée. J’ai d’abord déambulé dans les rues, et je ne trouvais pas Beijing très dépaysante. Partout s’élèvent des buildings gigantesques, des constructions écrasantes et sans charme; mis à part les inscriptions en chinois, on se croirait dans un centre-ville américain.

Et puis d’un coup, d’un seul, on tombe dans un hùtong, un quartier populaire. En un pas, nous sommes en plein roman! Les maisons sont basses et s’ouvrent sur des cours intérieures où s’entassent vélos, sacs et seaux, les rues sont tortueuses, les gens sont assis par terre et épluchent des légumes ou fument en discutant… j’ai poussé des portes, ouvert grand mes yeux, pris plein de photos. Vers la fin, je suis rentrée dans un boui-boui infâme, où je me suis fait servir des raviolis chinois, parce que j’adore ça. Ces bons restaurateurs ont dû lire sur mon visage de blanche à long nez que je n’étais pas une grande amatrice de viande, alors ils les ont fait aux légumes (je pense que c’est le long nez qui leur a mis la puce à l’oreille). Mais comme je n’ai pas faim, ben… j’ai pas mangé grand-chose…

Tout plein de gens sont venus s’asseoir à ma table et m’ont posé des questions en chinois (hein, quoi?) avant de les écrire en chinois (???????). J’ai dessiné la Tour Eiffel, pour qu’ils voient à peu près d’où je viens (apparemment je dessine super mal) et nous avons beaucoup mimé ce que nous racontions. C’était très marrant.

Normalement, après une expérience pareille, je devrais tomber malade. Pour le moment je m’en fiche, mais on verra demain dans quel état je suis!!!!

15.05.2008

La Cité Interdite

449775245.jpgLa Cité Interdite... Rien que le nom fait rêver. Pourquoi interdite? Qu'est-ce qui se passait derrière ces grands murs rouges, quels secrets s'élaboraient là pour régner sur le peuple? Et que se passait-il si un quidam se risquait à franchir les limites?

Moi, j'ai toujours rêvé de visiter cette ville dans la ville. Quand j'étais plus jeune, j'avais un jeu vidéo de détective qui se déroulait dans la Cité Interdite. Ça portait un nom hyper original, du genre "jeu vidéo de détective dans la Cité Interdite" - je précise juste au cas où un autre cinglé y ait aussi joué et ait apprecié son expérience... Parce que bon, un vrai amateur de jeu vidéo n'aurait sûrement pas vu l'intérêt de la chose. Mais moi j'y ai passé des heures (et pourtant je ne l'ai jamais terminé!). La reproduction des lieux me semblait très réaliste, et cela me faisait visiter cet endroit mythique.

Sauf qu'aujourd'hui, j'y étais pour de vrai! C'est énorme, gigantesque, infini. J'y ai passé sept heures d'affilée, j'ai rayonné le plus que j'ai pu, pris toutes les petites ruelles détournées, essayé de tout voir... peine perdue, il m'en manque encore. Les couleurs sont éclatantes, les sculptures bien découpées - on croirait que tout a été construit hier.

Comme à la Cour de France, la vie des empereurs et des princes était régie par un protocole strict. J'ai donc été très honorée d'emprunter le pont du milieu, celui que seul l'Empereur pouvait utiliser. Ha! Bon, je n'étais pas seule à le faire non plus. Il devait y avoir quinze mille touristes, la plupart asiatiques (beaucoup de japonaises avec des noeuds dans les cheveux et des talons aiguilles. Je me demande comment elles font). Et puis j'ai retrouvé les lieux où se déroulait mon jeu vidéo. Ça me faisait tout drôle de reconnaître les murs, les palais, les couloirs et les dédales, et surtout de pouvoir choisir mon itinéraire!

Évidemment je me suis fait des amis (c'est pas de ma faute, c'est plus fort que moi). Une guide, prof d'anglais retraitée, m'a prise sous son aile alors que je regardais des gravures, et elle m'a promenée un peu partout en me racontant l'histoire des empereurs, leurs us et coutumes, et cette mauvaise habitude qu'ils ont de s'entretuer. Au bout de quelques heures elle a dû partir, j'ai donc continué toute seule, et là un balayeur a sorti une carte de sa poche et m'a montré quelles allées emprunter pour avoir les meilleures vues et éviter les touristes. De jolis moments.

14.05.2008

Beijing

691451637.jpgNous sommes le 15 mai, il est 5 heures du matin (soit 17h00 pour mon horloge interne canadienne) et je me demande bien pourquoi je ne suis plus une adolescente, âge béni où je dormais n'importe quand et ne me sentais pas obligée de me réveiller à 15h00 (soit 3 heures du matin à Beijing). Je ne sais pas si les voyages forment la jeunesse, mais la jeunesse c'est bien pratique pour voyager!

Le voyage a été long: 23 heures porte à porte. Dans les avions je ne dors pas et je ne mange pas. Couplé à la merveilleuse lumière jaune des toilettes d'avion, je me suis découvert ma première ride (YAAAAAAAAAAAAAAAAArgh!!!) et un nouveau cheveu blanc. J'espère que tout est tombé dans l'océan Pacifique, parce que je ne suis pas d'accord! D'autant plus que j'ai profité de tout ce temps pour suivre les aventures de Bree et ses comparses, et j'aimerais bien avoir quarante ans de la même façon qu'elles...

Nous devions commencer le périple à Chengdu, cette ville qu'il y a une semaine personne ne connaissait... Chengdu, capitale du Sechuan, où il fait si bon vivre, où l'on trouve des temples, des petits restaurants, des musiciens et des artistes. On va à Chengdu pour sa porte d'accès vers le Tibet, pour son Bouddha (le plus grand du monde!), pour ses canaux d'irrigation, pour sa cuisine et son poivre, pour ses temples, sa montagne sacrée, sa réserve de pandas...

Aujourd'hui, tout le monde sait parfaitement où Chengdu est située. Et pourtant, de toute cette richesse, il ne reste sûrement plus grand-chose... et du coup, mon voyage s'est arrêté à Beijing (je m'en suis réjouie hier à l'aéroport: je ne sais pas comment j'aurais survécu à trois heures d'avion de plus)

Mes toutes premières impressions de Beijing sont assez brumeuses, dans les deux sens du terme: il y a une très épaisse couche de pollution au-dessus de la ville, les habitants ne doivent pas bien savoir ce qu'est un ciel bleu. Tout le long de la route de l'aéroport, il y a des arbres et des roses, et bien caché derrière toute cette verdure, on distingue parfois un mur... je ne saurai sans doute jamais ce qu'il y a derrière. Les plaques d'immatriculation des voitures commencent pas un bel idéogramme (toujours le même) suivi d'une lettre (cette phrase est la preuve absolue que j'ai passé deux heures dans un P*T**N d'embouteillage). Les buildings sont hauts, l'aérogare internationale de l'aéroport à couper le souffle, t surtout, il y a des grues partout.

Une de plus avec moi!

10.05.2008

1. La comédie romantique: recette facile pour scénariste débutant

Ingrédients:

Une héroïne jolie
Sa meilleure amie
Un héros mignon
Sa soeur

433741604.jpgRecette :

1. Commencer par situer l’histoire à New York ou à San Francisco, villes où il est possible de vivre en étant à la fois friqué et artiste (Cincinnati ou Fayetteville font beaucoup moins rêver). Dans notre exemple, nous serons à New York.


2. Présenter le personnage principal. Pour alléger le texte, nous procéderons comme si la fille était l’héroïne, mais n’hésitez pas à faire preuve d’imagination et à inverser les rôles. L'héroïne doit absolument avoir une blessure secrète, que l'on doit deviner très tôt dans le film.

Exemple: Cunégonde est jeune, belle, et réussit merveilleusement sa vie en tant que pâtissière artistique. Au cours d’une de ses journées bien remplies, alors qu’elle porte des vêtements de créateurs et des talons de quinze centimètres de haut, elle passe devant un plat de carottes rapées et détourne le regard, quasiment au bord des larmes. On comprend alors la blessure secrète de cette belle femme accomplie: elle déteste les carottes.


3. Faire entrer en scène le garçon (je vous parle ici d’une comédie romantique hétéro, mais n’hésitez pas à faire preuve d’imagination et à choisir un couple homo ou transsexuel. Sachez juste qu’à Hollywood, ça vend moins.). Le garçon doit se prévaloir d'une compétence unique et particulière.

Exemple: Jean-Arthur est un expert reconnu du gâteau aux poireaux, qu’il réussit mieux que personne.

4. Scène de couple 1 : Les deux héros se rencontrent par hasard.

Exemple: Jean-Arthur heurte Cunégonde alors qu’elle porte ses livres à la bibliothèque. Il est tout de suite subjugué par sa beauté et tente de lui parler un peu, mais elle est indépendante, oulalala, faudrait quand même pas penser qu’elle fricotte avec tous les mecs qui lui rentrent dedans à la bibliothèque.

5. Transition : ils se quittent sans se donner d’adresse, mais il ne cesse de penser à elle, qui de son côté s’en fiche comme de l’an quarante.